L'amiante dans les bâtiments : quelles obligations pour les propriétaires - réglementation 2007
Éléments d'information relatifs au dispositif réglementaire concernant la protection de la population contre les risques liés à l'amiante dans les immeubles bâtis
Application du décret n° 96-97 du 7 février 1996 modifié par le décret n° 2001-840 du 13 septembre 2001 et le décret n° 2002-839 du 3 mai 2002
Les décrets n° 2001-840 du 13 septembre 2001 et 2002-839 du 3 mai 2002, en modifiant le décret n° 96-97 du 7 février 1996 ont introduit de nouvelles obligations de repérage des matériaux contenant de l'amiante dans les immeubles bâtis avant le 1er juillet 1997(tableau comparatif montrant les évolutions du dispositif réglementaire
Rappelons que les diagnostics des flocages, calorifugeages et faux-plafonds, rendus obligatoires par le décret n° 96-97, devaient être réalisés avant le 31 décembre 1999, et restent exigibles, ils concernent tous les immeubles bâtis avant le 1er juillet 1997 à l'exception des maisons individuelles. Le dossier technique issu de ce diagnostic doit être intégré au dossier technique ' amiante '.
Tout propriétaire doit donc déterminer ses obligations à partir des textes cités ci-dessus ; ces obligations sont synthétisées dans un tableau
Les opérateurs de repérage qui sont-ils ?
Pour réaliser tous ces repérages, les propriétaires doivent faire appel à un contrôleur technique agréé par le ministère chargé du logement ou à un technicien de la construction ayant contracté une assurance spécifique pour ce type de mission. A partir du 1er janvier 2003, ces ' opérateurs de repérage ' doivent obtenir une attestation de compétence après avoir suivi une formation certifiée. Les modalités d'obtention de cette attestation de compétence viennent de faire l'objet d'un arrêté paru au JO du 6 décembre 2002 (arrêté du 2 décembre 2002 relatif à l'exercice de l'activité et à la formation des contrôleurs techniques et techniciens de la construction effectuant des missions de repérage et de diagnostic de l'état de conservation des matériaux et produits contenant de l'amiante en application du décret n° 96-97 modifié).
Pour obtenir une attestation de compétence, une personne exerçant déjà ou désirant exercer (même si elle a déjà suivie une formation non certifiée ' réglementairement ') doit s'adresser à un organisme dont la formation est certifiée ' réglementairement ', c'est à dire selon un référentiel de certification qui a fait l'objet d'un avis de conformité des ministres chargés du logement et de la santé. Cet organisme pourra prendre en compte la formation et / ou l'expérience du candidat pour lui proposer une formation certifiée ' réglementairement '. L'organisme de formation fera passer au candidat un contrôle de capacité et, en cas de réussite, délivrera l'attestation de compétence. Les obligations concernant l'assurance spécifique et l'indépendance sont maintenues.
Tout propriétaire concerné par un repérage d'amiante dans les matériaux doit donc demander à l'opérateur de repérage de son choix son attestation de compétence qui doit être délivrée par un organisme dispensant une formation certifiée (la mention de l'organisme certificateur doit apparaître sur l'attestation de compétence, ainsi que le nom de l'organisme de formation, le nom et la fonction de la personne délivrant l'attestation et du responsable de la formation, les nom et prénom du candidat, les date, durée et lieu de la formation et du contrôle de capacité), et son assurance spécifique pour les techniciens de la construction. La liste des professionnels ayant obtenu l'attestation de compétence est consultable auprès des services extérieurs du ministère de l'équipement (Directions départementales de l'équipement).
La liste des organismes certifiant 'réglementairement ' les formations est disponible auprès des ministères chargés du logement et de la santé (liste au 17 janvier 2003). La liste des organismes dispensant une formation certifiée par AFAQ, SGS et BSIpourra être obtenue auprès de ces organismes certificateurs.
Outre cette obligation réglementaire d'obtenir une attestation de compétence, le Conseil Supérieur du Notariat a mis en place une démarche de certification des opérateurs de repérage pour leur intervention dans le cadre des ventes . De plus, d'autres organismes peuvent développer des labels pour les diagnostiqueurs(par exemple le CEBTP a instauré le label APTE pour les diagnostiqueurs ' amiante 'et ' plomb '). Ces démarchesne remplacent pas l'attestation de compétence qui est une obligation réglementaire.
L'intervention de l'opérateur de repérage
Lors de son intervention, l'opérateur de repérage, une fois qu'il a prouvé qu'il est en règle avec ses obligations réglementaires, intervient selon des modalités précises (cf. arrêté du 22 août 2002 cité ci-dessus pour le repérage étendu et l'arrêté du 2 janvier 2002 pour le repérage avant démolition, ainsi que la norme NF X 46-020 disponible auprès de l'AFNOR), et sur une liste de matériaux susceptibles de contenir de l'amiante définie réglementairement àl'annexe des décrets n° 2001-840 et 2002-839
pour le repérage étendu donnant lieu au dossier technique ' amiante ' et au constat à produire en cas de vente respectivement (en fait il s'agit de la même liste et, le cas échéant, la fiche récapitulative du dossier technique 'amiante ' sert de constat à produire en cas de vente, et à l'annexe de l'arrêté du 2 janvier 2002 pour le repérage avant démolition
).
Un entretien entre le donneur d'ordre et l'opérateur de repérage doit permettre à ce dernier, avant son intervention et si possible après visite du bâtiment, de préciser sa prestation (liste des matériaux à repérer, compléments éventuels à apporter au diagnostic des flocages, calorifugeages et faux-plafonds, modalités d'intervention et nature du rapport de repérage remis à la fin de l'intervention).
L'opérateur de repérage pourra être amené à faire des prélèvements lors de son intervention, sur des matériaux susceptibles de contenir de l'amiante appartenant à la liste de référence et pour lesquels il a un doute. Cette opération de prélèvement doit suivre une démarche précisée dans la norme NF X 46-020 et doit être expliquée au donneur d'ordre avant sa réalisation. Ces prélèvement seront envoyés à un laboratoire accrédité pour identification d'amiante.
Le rapport de l'opérateur de repérage
A la fin de son intervention, l'opérateur de repérage doit remettre au donneur d'ordre (en général le propriétaire) un rapport clair et précis détaillant les éléments suivants (définis dans l'arrêté du 22 août 2002pour le repérage étendu et l'arrêté du 2 janvier 2002 pour le repérage avant démolition) :
les conclusions de l'opérateur de repérage, formulées clairement et sans ambiguïté, relatives à la présence ou à l'absence de matériaux et produits contenant de l'amiante (ces conclusions doivent être détaillées pour chaque matériau de la liste de référence), et, le cas échéant, les obligations réglementaires résultant de la présence de tels produits et matériaux (travaux, surveillance périodique, mesures d'ordre général),
Le rapport de repérage est à la base de la constitution du dossier technique ' amiante ', qui doit comporter, conformément à l'article 10-3 du décret n° 96-97 du 7 février 1996 modifié, 1- la localisation précise des matériaux et produits contenant de l'amiante ainsi que, le cas échéant, leur signalisation, 2- l'enregistrement de l'état de conservation de ces matériaux et produits, 3- l'enregistrement des travaux de retrait ou de confinement de ces matériaux et produits et des mesures conservatoires mises en oeuvre, 4- les consignes générales de sécurité à l'égard de ces matériaux et produits, notamment les procédures d'intervention, y compris les procédure de gestion et d'élimination des déchets et 5- une fiche récapitulative.
Le dossier technique 'amiante' doit être tenu à disposition des occupants des bâtiments, à qui le propriétaire doit également transmettre la fiche récapitulative, qui doit contenir les éléments suivants (précisés dans l'arrêté du 22 août 2002 cité plus haut) :
Lorsque l'opérateur de repérage intervient dans le cadre d'un repérage étendu donnant lieu à un état de présence ou d'absence d'amiante qui doit être joint par le vendeur d'un bâtiment, au plus tard à la date de toute promesse de vente ou d'achat, cet état constitue une information pour l'acheteur, et le moyen pour le vendeur de s'exonérer de la garantie des vices cachés. La réglementation ne prévoit aucune autre obligation consécutive à ce constat. Cependant, afin de faciliter les prises de décision dans la transaction, il peut être utile que l'opérateur de repérage indique les mesures d'ordre général qu'il préconise au niveau des matériaux contenant de l'amiante et dégradés, et transmette les consignes générales de sécurité pour les matériaux contenant de l'amiante et sains.
Les consignes générales de sécurité, définies en annexe de l'arrêté du 22 août précité, ne concernent que l'intervention sur des matériaux non friables et sains, repérés lors du repérage étendu, à l'exclusion des flocages, calorifugeages et faux-plafonds pour lesquels toute intervention doit être réalisée par une entreprise qualifiée. Ces consignes générales de sécurité sont décrites ci-dessous :
Lors d'interventions sur (ou à proximité) des matériaux contenant de l'amiante, il convient d'éviter au maximum l'émission de poussières, pour vous et votre voisinage.
L'émission de poussières doit être limitée par exemple en cas de :
- manipulation et manutention de matériaux non friables contenant de l'amiante, comme le remplacement de joints ou encore la manutention d'éléments en amiante-ciment),
- travaux réalisés à proximité d'un matériau friable en bon état (flocage ou calorifugeage), comme par exemple le déplacement de quelques éléments de faux-plafond sans amiante sous une dalle floquée, d'interventions légères dans des boîtiers électriques, sur des gaines ou des circuits situés sous un flocage sans action directe sur celui-ci, de remplacement d'une vanne sur une canalisation calorifugée à l'amiante,
- travaux directs sur un matériau compact (amiante-ciment, enduits, joints, dalles,...), comme le perçage ou encore la découpe d'éléments en amiante-ciment,
- déplacement local d'éléments d'un faux plafond rigide contenant du carton d'amiante avec des parements,
L'émission de poussières peut être limitée :
par humidification locale des matériaux contenant de l'amiante (en tenant compte du risque électrique), afin d'abaisser le taux d'émission de poussière,
en utilisant de préférence des outils manuels ou des outils à vitesse lente.
Le port d'équipements de protection est recommandé
Des demi-masques filtrants (type FFP3 conformes à la norme européenne EN149) permettent de réduire l'inhalation de fibres d'amiante. Ces masques doivent être jetés après utilisation.
Le port d'une combinaison jetable permet d'éviter la propagation de fibres d'amiante en dehors de la zone de travail. Les combinaisons doivent être jetées à la fin de chaque utilisation.
De plus, il convient de disposer d'un sac à déchets à proximité immédiate de la zone de travail et d'une éponge ou d'un chiffon humide de nettoyage.
B - Consignes générales de sécurité, relatives à la gestion des déchets contenant de l'amiante
Stockage des déchets sur le site
Seuls les matériaux où l'amiante est fortement lié (tels que l'amiante-ciment ou les dalles de sol par exemple) peuvent être stockés temporairement sur le chantier. Le site de stockage doit être aménagé de manière à éviter l'envol et la migration de fibres. Son accès doit être interdit aux personnes autres que le personnel de l'entreprise de travaux.
Les matériaux à fort risque de libération de fibre d'amiante (comme les flocages, calorifugeages et cartons d'amiante) doivent être placés en sacs étanches puis transférés dès leur sortie de la zone de confinement vers les sites adéquats.
Élimination des déchets
Les matériaux où l'amiante est fortement lié (tels que l'amiante-ciment, les dalles de sol, clapets et volets coupe-feu) doivent être éliminés soit en installations de stockage pour déchets ménagers et assimilés soit en décharges pour déchets inertes pourvues, dans les deux cas, d'alvéoles spécifiques pour les déchets contenant de l'amiante lié. Ces déchets sont conditionnés en sacs étanches, type Grand Récipients pour Vrac (GRV) ou sur palettes filmées.
Les matériaux à fort risque de libération de fibre d'amiante (comme les flocages, calorifugeages et cartons d'amiante) et les matériaux dégradés doivent être éliminés dans une installation de stockage pour déchets dangereux ou être vitrifiés. Ces déchets sont conditionnés en doubles sacs étanches scellés
Dans les deux cas, le propriétaire ou son mandataire remplit le cadre qui lui est destiné sur le bordereau de suivi des déchets d'amiante (BSDA, cerfa n°11861*01). Il reçoit l'original du bordereau rempli par les autres intervenants (entreprise de travaux, transporteur, exploitant de l'installation de stockage ou du site de vitrification).
Élimination des déchets connexes
Les déchets autres que les déchets de matériaux, tels que les équipements de protections, les déchets de matériels (filtres, par exemple) et les déchets issus du nettoyage sont éliminés suivant la même procédure que celle décrite pour les matériaux à fort risque de libération de fibres d'amiante.
Source www.sante.gouv.fr
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